La crise, un cadeau à la mafia

usura-11L’Italie subit la morsure de la crise. Ce n’est pas qu’une expression, ce n’est pas qu’une impression. C’est la réalité. Partout, dans le public et dans le privé, les budgets diminuent, l’enthousiasme et la confiance en l’avenir sont au plus bas. Les entreprises ferment, les employés sont licenciés. Les premières victimes de cette crise économique et financière ce sont les petites et moyennes entreprises, terreau de l’économie italienne – troisième de la zone euro.

Même si cela ne fait plus « notizia », chaque jour encore des entrepreneurs désespérés, criblés de dettes ou harcelés par les agences de recouvrement des impôts, choisissent de mettre fin à leurs jours.  Pas de statistiques récentes, le décompte macabre des morts imputables à la crise n’est plus mis à jour. Dans les journaux les chiffres de la crise se résument aux milliards d’euros nécessaires pour couvrir la suppression de l’IMU, aux points de pourcentages de l’augmentation inéluctable de la TVA, au montant du prochain plan de rigueur.

Les chiffres du credit crunch passent inaperçus, pourtant en juillet la BCE observait en Europe une baisse de 3,7% des prêts aux entreprises sur un an. La situation est particulièrement dramatique en Italie, où de plus en plus de chefs d’entreprise, étranglés par la crise, se retrouvent pris aux pièges. Faute de liquidités,  nombre d’entre eux n’ont pas le choix et doivent recourir à des sources de financement illégales pour payer leurs fournisseurs, leurs employés et les taxes réclamées par l’Etat.

« La crise fait un grand cadeau à la mafia » estime Lino Busa, président national de SOS impresa, association qui vient en aide aux entrepreneurs victimes d’usure, dans ce reportage réalisé pour la Deutsche Welle et RFI en décembre 2012, diffusé en janvier 2013. Reportage toujours d’actualité, dix mois plus tard.

pour en savoir plus sur la mafia et la crise, « Usura, il BOT delle mafie » – rapport de l’association antimafia LIBERA publié en octobre 2012